La parole à … Virginie Gilkes, Professeure de langues, dans des écoles internationales

par | 28/04/2020 | Découverte métiers, La parole aux pros

Un métier, 4 questions : Professeure de langues à l’étranger

1/ Mon métier en un coup d’oeil

Je suis professeure d’anglais, d’espagnol et de français à l’étranger. J’ai fait un baccalauréat B (économique et social). J’ai deux grandes passions : les langues et les voyages. J’ai fait une fac d’anglais (DEUG). Les cours étaient abstraits et j’étais encore indécise mais je voulais voyager. Je suis donc allée en Angleterre pour faire une année de licence. Et en même temps j’étais fille au pair. J’ai travaillé pour une agence basée à Paris qui organisait des séjours linguistiques pour des jeunes. J’ai eu le rôle d’accompagnatrice, l’expérience s’est très bien passée. J’ai continué mes études avec une Maîtrise de Cinéma dans le cadre du programme ERASMUS ce qui m’a permis d’avoir une bourse et de financer mes études. J’ai décidé de rester en Angleterre en tant que professeure.

Mon envie de voyager à l’international m’a conduit à enseigner le français dans une école internationale au Mexique pendant 3 ans. Puis, je suis allée en Chine pendant 6 ans, où j’ai enseigné l’anglais, le français et l’espagnol. J’ai aussi passé 1 an en Malaisie.


En ce moment, je passe une année sabbatique en France. Je me suis récemment inscrite à une formation FLE (français langue étrangère) organisée par l’Alliance Française et le CNED. La formation va durer 10 mois et sera à distance ce qui me permettra de continuer à travailler.

En tant que professeure à l’étranger, j’avais des missions ponctuelles sur plusieurs années, généralement 2 ans. Le contrat est renouvelable. Les écoles internationales regroupent à la fois le collège et le lycée. Les élèves ont entre 11 ans et 18 ans. Il y a environ une dizaine d’élèves par classe. J’enseignais comme dans une école normale, de 8h à 16h.

Le programme est donné au début de l’année. J’étais avec une équipe de profs de langues. On partage les ressources, le plan de travail. On crée ou réadapte des cours. Les élèves sont regroupés par classe mais aussi par niveau de connaissances (très bons, débutants). Dans les écoles internationales dans les pays où j’ai enseigné, généralement les élèves sont du pays, mais il y a aussi des élèves venant d’autres pays. Quand j’étais en Malaisie, il y avait des chinois, des japonais et des coréens. Beaucoup d’élèves ont une aspiration à travailler plus tard à l’étranger, ou à rester dans leur pays en travaillant dans des entreprises internationales.

Pour enseigner les langues, on a des manuels. On utilise aussi les technologies (sites web, powerpoint, hangouts, vidéos en ligne). On rend nos cours le plus interactif possible. On organise des activités, des jeux, beaucoup d’échanges entre les jeunes, des ateliers d’écriture… tout ceci en rapport avec le thème de la leçon. On fait aussi du théâtre et de la chanson. Dans le privé, on a beaucoup de liberté. J’ai les thèmes et j’organise les cours à ma manière. Du moment que cela marche, on nous laisse tranquille sur le choix des méthodes pédagogiques.

Il y a aussi d’autres avantages. On est mieux payé qu’en France, et on a beaucoup de vacances. J’en profite pour voyager dans le pays, mais aussi dans d’autres pays à proximité.


2/ Mon métier, 3 qualités

Pour être professeur à l’étranger, il faut être très adaptable. On ne sait pas dans quelle école on va être, comment ça sera… Il faut aussi s’adapter aux jeunes et aux programmes scolaires de ces pays. Il faut aussi être ouvert sur le monde. On est des citoyens du monde, très branchés sur l’humanitaire. On doit être à l’écoute des jeunes, de leurs cultures. On doit faire attention à ce qu’on va dire et à ce qu’on va leur montrer, sans être en désaccord avec leur religion et leur politique. Il faut aussi avoir une sensibilité pour les jeunes. Ne pas parler de manière brute. Certains enfants sont délaissés, ou ont grandi sans les parents, et donc sans apport émotionnel des parents.

3/ Pourquoi accueillir un.e stagiaire ?

Le stage de découverte est une occasion pour promouvoir notre travail, donner au stagiaire l’envie d’exercer notre métier, mais aussi pour acquérir des qualités professionnelles (être rigoureux, patient, ponctuel). Ce sont des qualités utiles pour plus tard. C’est une occasion pour apprendre à travailler en équipe et ce qu’est la solidarité. Je vois aussi l’occasion de donner de l’expérience et de la confiance au stagiaire.

4/ Mes conseils pour l’accueil d’un.e jeune en stage de découverte

Il faut de la patience. Il faut mettre à l’aise le jeune. On lui montre les techniques de travail, les supports (le programme, les différentes ressources). On peut faire les choses petit à petit. Au départ le jeune observe et assiste le professeur. Ensuite il peut participer à l’organisation des activités (atelier d’écriture, jeux de rôle). Il peut aussi être participant dans les jeux de rôle ou les filmer. A la fin on regarde ensemble les films. Ca leur plait beaucoup.

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