La parole à … Margarita Ivanova, photographe et retoucheuse photo

par | 15/05/2020 | Découverte métiers, La parole aux pros

Un métier, 4 questions : photographe

1/ Mon métier en un coup d’œil

Je m’appelle Margarita Ivanova, je suis née en Russie et suis venue en France à mes 19 ans pour faire des études de cinéma. Aujourd’hui j’ai 31 ans et je travaille dans le domaine de l’image. J’ai fini ma formation à l’École des Gobelins, section photographie, en 2015.

Il est compliqué de se faire une place dans ce milieu sans passer par une grande école. Grace à l’Ecole des Gobelins, j’ai pu faire plusieurs stages dans des studios de prise de vue, dans des agences de post-production ainsi qu’en assistant des photographes, notamment Françoise Huguier, qui est connue pour son travail documentaire et dans la mode à partir des années 80.

Grace à cette rencontre, j’ai intégré le laboratoire photographique le plus ancien et le plus connu à Paris où j’ai travaillé pendant trois ans par la suite.

Mon travail englobe les différentes tâches entre la prise de vue et la post-production.

La post-production est une étape complexe qui s’articule entre le photographe, les agences de communication, le laboratoire photographique et les techniciens du métier, et qui se déroule en plusieurs étapes, entre la sélection des visuels, la retouche, la préparation à la publication.

J’ai toujours exercé mon métier en free-lance avec le statut d’artiste auteur affilié à la Maison des Artistes. Cela m’a permis d’avoir une grande liberté dans le choix de mes projets et clients. Par contre, j’ai dû assumer l’instabilité financière, l’absence de rythme de travail régulier et la nécessité de devoir répondre à une commande à n’importe quel moment.

En sortant de l’École j’ai travaillé en tant que photographe dans le domaine de la mode, comme beaucoup de jeunes photographes qui sortent des Gobelins. C’est un domaine qui ne rapporte pas beaucoup d’argent et dont on se lasse vite, contrairement à la photographie publicitaire, où les budgets sont plus importants.

A l’heure actuelle je travaille souvent en tant qu’assistant lumière et assistant digital pendant des prises de vue en studio et en extérieur. Nous travaillons avec des appareils complexes qui nécessitent l’utilisation d’écrans extérieurs pour assurer le contrôle de la netteté, de la couleur et la gestion du flux important de fichiers.

Je continue à travailler dans la post-production pour des agences publicitaires et, en parallèle, j’ai une activité photographique artistique : je fais des résidences et j’expose.

Au cours de l’année dernière j’ai été amenée à travailler pour un de mes clients français en Thaïlande qui a ouvert une branche de son laboratoire photographique parisien à Bangkok. J’ai donc formé son équipe sur place et les ai accompagnés sur la gestion de leurs projets. J’ai cherché à transmettre une sensibilité et un regard artistique sur l’image.

Depuis un an je pratique le tirage argentique couleur manuel.

A partir de mes négatifs issus de la prise de vue avec un appareil moyen format, je procède au tirage à l’agrandisseur.

Ayant uniquement quinze poses par film, chaque image devient précieuse. Au tirage, j’ajuste les filtres de couleur, joue sur le contraste, sur la densité. C’est ainsi qu’on perçoit tous les enjeux du travail sur l’image et de la couleur.

2/ Mon métier, 3 qualités

Le milieu de l’image est assez complexe, il est difficile d’y trouver sa place. Beaucoup de jeunes échouent, il faut donc être persévérant. Comme dans tous les métiers artistiques, il faut vraiment se battre.

Il faut aussi être bosseur et rigoureux.

Ensuite cela peut dépendre des types de spécialisation mais si on se dirige vers la prise de vue avec des personnes par exemple, il faut être sociable.

3/ Pourquoi accueillir un·e stagiaire ?

Avant de commencer les études dans une école spécialisée dans la photographie, ce domaine me paraissait flou et vague, je ne savais pas que certains métiers existent même.

Il est donc important pour moi de transmettre le savoir à ceux qui cherchent à s’y dirigent mais n’ont pas encore trouvé une porte d’accès.

Aujourd’hui, nous sommes aujourd’hui tous entourés par des images. Nous avons tous un appareil photo sur notre téléphone mais en réalité nous n’en connaissons pas grand-chose.

J’aimerais faire découvrir le vrai rapport à l’image et donner un aperçu de ce monde passionnant.

De plus, dans les écoles dans ce domaine, le public manque de mixité sociale et ethnique.

Le coût élevé des écoles, le rythme intense des études et la concurrence entre les élèves font en sorte qu’il est difficile de réussir les études et le début de la carrière sans d’aide extérieure.

4/ Mes conseils pour l’accueil d’un·e jeune en stage de découverte

Voici quelques idées de choses que je pourrais apprendre à faire à un jeune en découverte :

Manipuler un appareil photo professionnel

– Effectuer des prises de vue à l’extérieur avec du matériel en numérique et en argentique

– Leur expliquer les différents rapports à l’image entre numérique et argentique

– Se servir de Photoshop

– Visite du laboratoire pour faire les tirages (observation plutôt que manipulation)

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