La parole à … Benjamin Bibas, Journaliste et documentariste, La Fabrique Documentaire

par | 19/05/2020 | Découverte métiers, La parole aux pros

Un métier, 5 questions : Journaliste documentariste

1/ Mon métier en un coup d’oeil

Je suis journaliste et documentariste, je fais le plus souvent des émissions d’une cinquantaine de minutes pour les grandes radios publiques francophones (France Inter, France Culture, RFI, RTBF, RTS…). Nous avons par exemple travaillé sur l’économie mondiale du diamant, l’économie du pétrole et les formes de résistance qu’elle induit dans le bassin du Congo, ou réalisé des portraits de ville aux États-Unis, en Ukraine, en République Démocratique du Congo et dernièrement en Haïti. En utilisant les métiers du journalisme et du documentaire, nous répondons également à des commandes de communication institutionnelle auprès de clients d’intérêt général : collectivités territoriales, ONG, institutions culturelles… Tout cela nous permet de découvrir le monde.

Depuis 2015, nous avons en plus senti la nécessité de transmettre que nous avons appris à un public de proximité dans les quartiers où nous avons toujours habité : les 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris, leurs quartiers populaires et les communes limitrophes. Pour commencer, on a regardé l’état de la société et, avec des partenaires associatifs de ces quartiers nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire pour être utiles. C’est pour cela que nous avons lancé plusieurs festivals documentaire au plus proche des gens pour transmettre des informations et des connaissance dans un cadre de convivialité. Nous avons lancé en 2015 Ciné-Jardins et en 2017 Ciné-Voisins, deux festivals documentaires respectivement dans les jardins partagés et au pied des grands ensembles du nord est parisien. Avant les projections en plein air, on organise un buffet participatif tendance 0 déchet où chacun apporte à manger, et on présente des courts-métrages réalisés par des habitants du quartier. La Ville de Paris a remarqué ces actions et, depuis bientôt 3 ans, nous a demandé de proposer un dispositif pour enrichir l’accompagnement culturel des sans-abris accueillis en gymnases durant les plans d’urgence hivernal.

Au quotidien, je peux être sur plusieurs projets à la fois. Par exemple actuellement, on travaille dans le cadre des commandes institutionnelles avec une ONG Suisse, la Fondation Hirondelle, qui crée et développe des médias de la paix dans les pays en guerre ou post-guerre. On travaille avec eux sur une publication semestrielle qui met en valeur le rôle social du journalisme, sa capacité à renforcer les liens dans une société. Je travaille aussi sur un reportage de 27 minutes pour la radio publique suisse, sur l’articulation croissante entre les droits humains et le droit de l’environnement dans des jugements récents émis par des tribunaux nationaux ou internationaux. Le tout, en essayant de voir comment nous pouvons adapter nos festivals d’été aux prescriptions sanitaires difficilement prévisibles qui seront en vigueur au mois de juillet…

2/ Les qualités indispensables pour exercer mon métier

Être curieux·se et respecter les gens, les prendre au sérieux afin de pouvoir leur poser de bonnes questions et les écouter le plus attentivement possible, s’intéresser au monde et aimer apprendre.

Être à l’écoute des autres dont les collègues, les partenaires et le public pour répondre à leurs besoins.

3/ Pourquoi accueillir un·e stagiaire ?

Nous avons accueilli des stagiaires étudiant·es lorsque nous avions des projets pour lesquels nous avions besoin d’une aide ponctuelle et un financement pour les indemniser.

Chaque année nous accueillons en observation au moins un·e élève des collèges proches de chez nous (boulevard Barbès à Paris 18e). On le fait pour faire découvrir nos métiers qui sont variés, autour du documentaire, à des jeunes qui n’y ont pas forcément accès. Nous pensons utile et formateur de transmettre nos connaissances, nos savoir-faire et nos compétences : éditorial, technique, recherche d’informations, etc.

4/ Mon meilleur souvenir avec un·e jeune ?

On a eu une stagiaire qui avait un nom et une personnalité remarquables, à seulement 14 ans, lorsqu’on lui demandait le dernier film qu’elle avait vu, elle répondait : « Ivan le terrible de Sergueï Eisenstein, que j’ai adoré ! ». Ce n’est pas forcément le genre de réponse à laquelle on s’attend de la part d’une élève de 3e. Elle avait un regard sur notre travail plus affûté, plus cultivé et plus intelligent que je pensais possible et ça m’a vraiment surpris.

5/ Mes propositions d’activités pour l’accueil d’un·e jeune en stage de découverte

La mission se construit avec le ou la stagiaire, pour des missions plus éditoriales, administratives ou techniques qui sont le plus souvent en lien avec l’organisation de nos actions documentaires dont les festivals d’été.

Dans les quartiers populaires dans lesquels nous intervenons, il faut entretenir ce lien social avec les habitants, et nous impliquons nos stagiaires. Qu’ils ou elles puissent penser et réfléchir à la programmation avec nous, passer du temps et parler avec les habitants afin de connaître leurs besoins, voir les principaux problèmes et ce qui pourrait faire sens. Mais aussi par exemple réfléchir aux films que l’on peut projeter lors d’un de nos festivals, pour que les personnes puissent dialoguer et échanger, principalement. Nous avons enfin besoin de soutiens techniques pour le choix, le transport, l’installation, la manipulation et le démontage du matériel audiovisuel lors de nos projections.

➡ Vous aussi, accueillez un·e stagiaire ! ⬅

Contactez-nous par mail 👉 martin@stagedecouverte.fr

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